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Combien coûte un carénage ? Les ordres de grandeur poste par poste
Sortie d’eau, jours à terre, haute pression, antifouling, anodes et main-d’œuvre : le prix d’un carénage en 2026 poste par poste, fait soi-même ou confié à un chantier, du voilier de 8 m au catamaran de 12 m, et ce qui fait varier la facture.
Mis à jour le 7 novembre 2026.
Le carénage est, pour la plupart des bateaux qui restent à l’eau, le plus gros poste de l’entretien annuel. Son prix tient à cinq choses : la sortie d’eau, les jours passés à terre, le nettoyage, la peinture antifouling et le temps de main-d’œuvre si vous ne le faites pas vous-même. Ce guide donne, pour chacune, l’ordre de grandeur constaté en 2026 dans des tarifs publiés par des ports et des prix de détail, en euros TTC. Ce sont des fourchettes larges, pas des devis : les prix varient beaucoup d’un port à l’autre, et seul le devis du chantier qui verra votre carène fait foi. Le déroulé d’un carénage lui-même est expliqué dans le guide carénage et antifouling.
1. Ce qu’on paie dans un carénage
- La manutention : sortie de l’eau au travel-lift ou à la grue, calage sur bers ou béquilles, puis remise à l’eau.
- Le stationnement à terre, sur l’aire de carénage du port ou au chantier, au jour, à la semaine ou au mois.
- Le nettoyage haute pression de la carène dès la sortie, avant que la salissure ne sèche.
- L’antifouling : la peinture elle-même, parfois un primaire, et les consommables (rouleaux, bacs, ruban de masquage, papier de ponçage).
- Les anodes (arbre, embase ou saildrive, coque) et les petits contrôles qu’on fait bateau à sec : hélice, passe-coques, safran.
- La main-d’œuvre, si le chantier fait le travail : nettoyage complémentaire, ponçage, application, pose des anodes.
2. La sortie d’eau et le stationnement à sec
D’après les tarifs 2025 publiés par plusieurs ports, la manutention d’un monocoque se situe de l’ordre de 150 à 350 € pour un bateau de 8 à 12 mètres. Attention à la lecture des grilles : certains ports facturent la sortie et la remise à l’eau ensemble, d’autres chaque mouvement séparément, ce qui peut doubler la ligne. Les levages hors des heures normales ou le samedi sont souvent majorés (jusqu’au double dans certaines grilles).
Le stationnement se compte au jour : de l’ordre de 10 à 40 € par jour pour un bateau de 10 mètres selon les ports, avec parfois quelques jours de franchise inclus dans le prix du levage. Au mois, les grilles consultées vont d’environ 400 € pour 8 mètres à plus de 900 € pour 12 mètres. Un carénage simple tient en quelques jours à terre ; c’est quand le chantier attend une pièce ou une éclaircie que la note grimpe.
Le nettoyage haute pression coûte de l’ordre de 40 à 150 € selon la taille et selon qu’on loue le nettoyeur ou que le port s’en charge. Certains chantiers proposent un forfait qui réunit sortie, calage, haute pression, un mois à terre et remise à l’eau : une revue nautique l’estimait entre 400 et 700 € en Bretagne Nord, produits et application non compris.
Catamaran : la plupart des grilles appliquent une majoration de l’ordre de 40 à 50 % sur la manutention, le lavage ou le stationnement, parce qu’un multicoque prend plus de place et demande un engin adapté à sa largeur. Vérifiez aussi que le port a un travel-lift assez large : sinon, c’est la grue, et un autre tarif.
3. L’antifouling : le produit et la main-d’œuvre
Un pot d’antifouling de 2,5 litres coûte couramment de 110 à 170 € au prix public, selon le type (érodable, matrice dure) et la gamme. Les fiches techniques annoncent en général un rendement de l’ordre de 10 m² par litre et par couche ; on passe habituellement deux couches, plus une sur les zones qui s’usent le plus (étrave, flottaison, bord d’attaque de la quille et du safran).
La surface à peindre se calcule à partir de la longueur à la flottaison, de la largeur et du tirant d’eau, avec un coefficient selon la forme de carène. En pratique, cela donne environ deux pots pour un voilier moderne d’une dizaine de mètres, trois pour un voilier à quille longue de même taille, et quatre à cinq pour un bateau à moteur de 11 mètres, dont la carène est plus large et plus mouillée. Soit, pour la peinture seule, de 250 à 500 € pour un voilier de 10 mètres, et davantage pour un bateau à moteur ou un catamaran. Un primaire, nécessaire sur une carène mise à nu ou quand on change de type d’antifouling, s’ajoute.
Si le chantier applique, la main-d’œuvre s’ajoute au produit : quelques centaines d’euros pour un ponçage léger et deux couches sur un bateau de 10 mètres, beaucoup plus si la carène doit être grattée jusqu’au gelcoat ou si de l’osmose apparaît (voir cloques et osmose). Demandez au devis le nombre de couches, la référence du produit et le temps prévu.
4. Les anodes et les petits contrôles
Une anode d’arbre courante coûte de 10 à 50 € au détail selon le diamètre ; un jeu complet (arbre, coque, embase ou saildrive) se compte en dizaines d’euros, parfois un peu plus d’une centaine pour une pièce spécifique. On les change bateau à sec, dès qu’elles sont consommées à moitié. Profitez-en pour regarder l’hélice, la bague d’arbre, les passe-coques et le soufflet de saildrive : ce sont des contrôles qui ne coûtent rien de plus pendant que le bateau est sorti, et beaucoup s’ils sont oubliés.
5. Le total : quelques exemples
En additionnant les postes ci-dessus, voici les ordres de grandeur d’un carénage d’entretien courant (deux couches, sans réparation de carène), en euros TTC :
| Bateau | Fait soi-même | Confié à un chantier |
|---|---|---|
| Voilier de 8 m | 400 à 800 € | 700 à 1 300 € |
| Voilier ou bateau à moteur de 10 à 12 m | 700 à 1 400 € | 1 000 à 2 000 € |
| Catamaran de 12 m | 1 200 à 2 500 € | 2 000 à 4 000 € |
Un bateau à moteur se situe en général en haut de sa fourchette : sa carène demande plus de peinture, et ses embases ou ses arbres portent davantage d’anodes. Un catamaran cumule deux carènes, deux moteurs et la majoration des ports.
6. Ce qui fait varier la facture
- Le port et la région : d’une grille à l’autre, le même levage varie du simple au double.
- La saison : au printemps, les aires de carénage sont pleines ; certains chantiers font des prix à l’automne ou en hiver.
- L’état de la carène : une couche ancienne qui s’écaille, un changement de type d’antifouling ou un décapage changent tout le budget.
- Le produit : les antifoulings haut de gamme ou les solutions sans biocide coûtent plus cher au litre ; leur intérêt dépend de votre bassin de navigation et de votre programme.
- La durée à terre : chaque jour d’attente se paie, et les dépassements de date prévue sont parfois lourdement majorés.
- La fréquence : un bateau en eau chaude ou peu utilisé se salit plus vite et se carène plus souvent.
7. Faire soi-même ou confier ?
Faire son carénage soi-même divise la facture à peu près par deux : la manutention reste due, mais la main-d’œuvre disparaît. C’est un travail accessible, à condition de respecter le règlement de l’aire de carénage et de se protéger : l’antifouling contient des produits toxiques, et le ponçage d’une ancienne couche en fait des poussières qu’il ne faut pas respirer. Masque adapté, gants, lunettes et combinaison ne sont pas une option, et le ponçage à sec sans aspiration est à proscrire. Le chantier, lui, apporte le matériel, le temps et un regard exercé sur ce qu’il découvre sous la salissure.
- Gardez la facture de levage, le ticket des pots (référence, nombre) et des anodes.
- Prenez deux photos datées : carène à la sortie, carène repeinte.
- Notez ce que vous avez vu : hélice, passe-coques, cloques éventuelles, soufflet de saildrive.
Pour situer le carénage dans le budget de l’année, voir combien coûte l’entretien d’un bateau ; pour choisir où sortir le bateau, choisir son chantier.
8. Comparer plusieurs devis
Les écarts entre chantiers sont réels : demandez deux ou trois devis détaillés, ligne par ligne (levage, jours à terre, nettoyage, produit et nombre de couches, main-d’œuvre, anodes), pour comparer ce qui est comparable. La demande de devis Hullteam est gratuite : décrivez le bateau et le travail une fois, et les professionnels de votre secteur vous répondent.
Une fois le carénage fait, notez-le dans le carnet : la date, le produit, le nombre de couches, les anodes changées, la facture et les photos. C’est ce qui fera la valeur du bateau à la revente — voir quelles preuves comptent.
Sources
Pages consultées en novembre 2026. Les tarifs de ports sont ceux publiés pour 2025 ; ils évoluent chaque année.
- Tarifs de l’aire de carénage 2025 — Port de Sète (sete.port.fr)
- Tarifs 2025 de Port Napoléon — port-adhoc.com
- Tarifs 2025 de Port Médoc — port-adhoc.com
- Le carénage des bateaux : nos conseils — Figaro Nautisme
- Calculer la quantité d’antifouling nécessaire — dam-marine.com
- Fiche d’un antifouling érodable en pot de 2,5 L — uship.fr
- Fiche d’un antifouling à matrice dure en pot de 2,5 L — nootica.com
- Remise à l’eau du bateau en 2026 — boatcible.com
- Entretien bateau soi-même : les économies — boatcible.com
- Fiche d’une anode d’arbre en zinc, par diamètre — h2r-equipements.com
- Sabbatical year: how much does it cost? — Multihulls World
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