Guide Hullteam

Acheter un bateau d’occasion : la checklist avant de signer

Un bateau d’occasion se juge sur ce qu’on voit, sur ce qu’on essaie, et surtout sur ce qu’on peut prouver de son entretien. Voici les points à contrôler, poste par poste, et les questions à poser au vendeur.

Mis à jour le 4 septembre 2026.

Cette liste est un guide de bon sens pour une première visite et un essai. Elle ne remplace pas une expertise maritime : pour un bateau de plus de quelques dizaines de milliers d’euros, ou dès qu’un point vous inquiète, faites intervenir un expert indépendant avant de signer — son rapport pèse aussi dans la négociation.

1. Avant la visite : les papiers et l’historique

La moitié du travail se fait à distance. Demandez au vendeur, avant de vous déplacer :

  • Le titre de navigation (carte de circulation ou acte de francisation) au nom du vendeur. Si le titulaire est une société de leasing, la vente passe par elle.
  • Le numéro de coque (HIN / CIN) gravé sur la coque, à comparer avec les papiers. Un HIN illisible ou différent est un signal d’alerte.
  • L’historique d’entretien : factures de chantier, carénages, révisions moteur, remplacement du gréement dormant, des batteries, des voiles. Un vendeur qui tient un carnet Hullteam peut vous envoyer son dossier de vente : chaque intervention y porte un niveau de preuve (déclarée, documentée, confirmée par le pro), les lignes sont scellées et horodatées par un tiers — vous pouvez vérifier une empreinte vous-même.
  • L’attestation d’assurance en cours, et l’absence de sinistre déclaré (demandez le relevé d’informations à l’assureur).
  • Le certificat de conformité CE (bateaux construits après 1998) et la catégorie de conception (A, B, C, D).
  • Les heures moteur et la date du dernier relevé ; l’année des batteries ; l’âge des voiles et du gréement dormant (à remplacer vers 10-15 ans selon l’usage).
  • La situation au port : contrat de place, dettes éventuelles, hivernage.

2. Coque et structure

  • Œuvres vives : cloques d’osmose (petites bulles sous le gelcoat), réparations visibles, état de l’antifouling et date du dernier carénage.
  • Chocs et réparations sur l’étrave, les bouchains, le tableau arrière ; cohérence avec l’historique.
  • Quille : jonction coque-quille (fissures, coulures de rouille), boulons de quille depuis l’intérieur, jeu au sondage.
  • Safran et mèche : jeu, infiltration, fissures.
  • Passe-coques et vannes : nombre, matériau, manœuvre, corrosion ; anodes consommées ou neuves.
  • Pont : souplesse au pas (délaminage du sandwich), fissures aux pieds de chandeliers et au pied de mât, joints de hublots et de capots, traces d’humidité à l’intérieur.
  • Fonds de cale : secs ? Traces d’eau douce (fuite) ou salée (voie d’eau) ? Odeur de gazole ou d’humidité.

3. Moteur et propulsion

  • Compartiment moteur propre et sec, sans traces de fuite d’huile, de gazole ou de liquide de refroidissement.
  • Démarrage à froid : facilité, fumée (bleue = huile, blanche = eau ou injection, noire = surcharge), bruit au ralenti.
  • Circuit de refroidissement : turbine, échangeur, débit d’eau à l’échappement, température en charge.
  • Ligne d’arbre ou embase : jeu, presse-étoupe, soufflets, huile d’embase (laiteuse = entrée d’eau), hélice et anodes.
  • Historique : vidanges, filtres, courroies, dates ; heures cohérentes avec l’âge et l’usage. Un moteur de 20 ans avec 300 heures a peut-être peu servi — ou peu été entretenu.
  • Supports moteur, silentblocs, alignement.

4. Gréement et voiles (voilier)

  • Gréement dormant : date de remplacement, sertissages, ridoirs, cadènes (rouille, fissures). Certains assureurs exigent un remplacement décennal.
  • Mât et bôme : corrosion aux pieds, fissures, poulies, réas, vit-de-mulet.
  • Voiles : usure aux points de ragage, coutures, UV de la bande anti-UV du génois, forme (une voile qui bâille a fait son temps).
  • Enrouleur, winches (démontage récent ?), cordages courants.

5. Électricité et électronique

  • Parc batteries : âge, technologie, tension au repos, chargeur de quai, alternateur, éventuel panneau solaire.
  • Tableau électrique : propreté, disjoncteurs, absence de « bidouilles » et de dominos ; corrosion sur les cosses.
  • Feux de navigation, pompe de cale automatique, guindeau.
  • Électronique : allumez tout — sondeur, loch, GPS, pilote, VHF (appel de test ASN), AIS. Vérifiez la licence de station radio et le MMSI.

6. Plomberie, gaz, réservoirs

  • Réservoirs d’eau et de gazole : état, jauges, odeurs ; réservoir à eaux noires et sa vanne.
  • Pompes, WC marin, chauffe-eau.
  • Installation gaz : détendeur, tuyaux datés, vanne d’arrêt, détecteur.

7. Matériel de sécurité

Le matériel d’armement obligatoire dépend de la zone de navigation (division 240). Vérifiez surtout ce qui se périme :

  • Feux à main et fusées : date sur chaque engin (trois ans en général).
  • Extincteurs : date de vérification ; radeau de survie : date de révision et capacité.
  • Gilets gonflables : percuteurs et bouteilles révisés ; EPIRB : batterie et enregistrement.
  • Trousse de secours non périmée, bouée, harnais et lignes de vie.

Un dossier de vente Hullteam affiche l’inventaire de sécurité déclaré par le vendeur avec les dates — utile pour chiffrer ce qu’il faudra remplacer.

8. L’essai en mer

  • Manœuvres au port : marche arrière, propulseur, tenue au régime.
  • Moteur en charge pendant au moins vingt minutes : température, vibrations, fumée, vitesse à régime de croisière.
  • Sous voiles : barre équilibrée, pilote qui tient le cap, bruits suspects, ouvertures étanches.
  • Après l’essai : fonds de cale à nouveau, compartiment moteur, odeurs.

9. Avant de signer

  • Acte de vente écrit, avec identité complète du bateau (nom, immatriculation, HIN), prix, date, état des lieux et liste de l’inventaire cédé.
  • Formalité de mutation de propriété auprès de l’administration, dans le mois.
  • Transfert du carnet d’entretien : si le vendeur utilise Hullteam, il vous transfère le carnet complet et une attestation de transfert est figée pour vous deux.
  • Assurance active dès la remise des clés.

Les questions qui font parler un vendeur

  • « Qu’est-ce que vous auriez fait si vous le gardiez un an de plus ? »
  • « Quel chantier connaît le bateau ? Je peux l’appeler ? »
  • « Quand a-t-il été sorti de l’eau pour la dernière fois, et qu’a-t-on vu ? »
  • « Il y a eu des chocs, des voies d’eau, un démâtage ? »

Un vendeur qui répond avec des factures et des dates vaut plus qu’un vendeur qui répond avec des adjectifs.

Vous achetez ?

Demandez au vendeur son historique vérifié Hullteam : chaque intervention avec son niveau de preuve, scellée et horodatée par un tiers.

Vérifier une empreinte

Vous vendez ?

Construisez le dossier qui rassure : déposez vos factures, faites confirmer par vos chantiers, générez le dossier de vente le jour venu.

Ouvrir mon carnet gratuit