Guide Hullteam
Hivernage et déshivernage d’un bateau : la liste des opérations
Ce qu’on fait à l’automne pour protéger un bateau — moteur, circuits d’eau, batteries, voiles, intérieur — et ce qu’on vérifie au printemps avant de renaviguer, à sec comme à l’eau. Deux checklists imprimables.
Mis à jour le 5 septembre 2026.
L’hiver abîme plus les bateaux que la navigation : gel dans un circuit d’eau, batteries à plat, moisissures dans un carré fermé, gasoil qui s’encrasse, moteur qui rouille de l’intérieur faute d’avoir tourné. Un hivernage bien fait, c’est une matinée de travail à l’automne et une matinée au printemps — et c’est ce qui sépare, à dix ans, un bateau « d’occasion » d’un bateau « fatigué ». Voici la liste, dans l’ordre où on la fait, en distinguant ce qui change selon que le bateau sort de l’eau ou reste à flot.
1. À sec ou à l’eau ?
Sortir le bateau protège la carène (pas de salissure, l’osmose ne progresse pas), le moteur (au sec, passe-coques hors d’eau) et donne l’occasion de contrôler tout ce qui est sous la flottaison : anodes, passe-coques, hélice, safran, presse-étoupe. En contrepartie : manutention, stationnement, et il faut bien caler et couvrir. Rester à l’eau coûte moins mais impose de fermer les passe-coques, de surveiller les amarres et les pare-battages, et de venir régulièrement. Dans les deux cas, la logique est la même : vidanger, protéger, aérer, débrancher.
2. Hivernage : le moteur
C’est le poste qui pardonne le moins. Le principe : un moteur s’hiverne avec de l’huile neuve, un circuit de refroidissement protégé et un réservoir plein.
- Vidange moteur et filtre à huile, moteur chaud : l’huile usée est acide et attaque les paliers pendant l’hiver. C’est l’échéance annuelle, qu’on place à l’automne plutôt qu’au printemps.
- Filtres à gasoil (préfiltre décanteur et filtre fin) si l’échéance approche ; purger l’eau du décanteur.
- Circuit d’eau de mer : rincer à l’eau douce, puis faire aspirer un antigel non toxique jusqu’à ce qu’il ressorte à l’échappement. À sec, on ouvre ensuite le filtre à eau de mer et on laisse la turbine au repos (certains la démontent pour qu’elle ne prenne pas la forme du corps de pompe).
- Circuit d’eau douce fermé : vérifier la protection antigel du liquide de refroidissement, le remplacer tous les deux ans environ.
- Réservoir de gasoil plein et stabilisant ajouté : un réservoir à moitié vide condense, et l’eau nourrit la bactérie qui bouche les filtres au printemps.
- Inverseur ou embase saildrive : niveau d’huile, changement si l’échéance est là ; une huile laiteuse signale une entrée d’eau à traiter avant le printemps.
- Pulvériser un protecteur sur le moteur, graisser les commandes, laisser le compartiment aéré.
- Hors-bord : rincer à l’eau douce, vidanger l’embase (une huile laiteuse = joint à changer), pulvériser le cylindre, stocker vertical, et vider le carburateur ou stabiliser l’essence.
3. Hivernage : les circuits d’eau et le confort
- Vidanger les réservoirs d’eau douce, le chauffe-eau et les tuyauteries ; faire tourner les pompes à vide quelques secondes ; laisser les robinets ouverts.
- Toilettes marines : rincer à l’eau douce, vidanger la cuvette et la pompe, protéger avec un antigel alimentaire si le bateau gèle. Vidanger et rincer le réservoir à eaux noires.
- Réfrigérateur et glacière : vidés, nettoyés, porte calée ouverte.
- Gaz : fermer la bouteille, contrôler la date du flexible et du détendeur.
4. Hivernage : électricité
- Batteries : charger à fond, nettoyer et graisser les cosses, contrôler les niveaux (batteries ouvertes). Soit débrancher et laisser à bord au sec, soit laisser un chargeur de maintien si le bateau est raccordé au quai.
- Couper tous les circuits au tableau ; débrancher l’électronique sensible qui peut se retirer (antenne GPS portable, VHF portable).
- Retirer les appareils qui craignent l’humidité (ordinateur, tablette, appareils photo) et les cartes de navigation en papier.
5. Hivernage : pont, gréement, voiles
- Voiles : démontées, rincées, séchées, pliées ou roulées large, stockées au sec — pas dans un coffre humide. Une saison de rangement sur enrouleur au port abîme plus un génois que dix sorties.
- Capote, bimini, taud de grand-voile : rincés et stockés ; le taud d’hivernage à la place.
- Gréement courant : drisses rincées, remplacées par des messagers si elles passent l’hiver sous les UV. Gréement dormant : contrôle visuel des sertissages, ridoirs et axes — c’est le moment de repérer un fil cassé.
- Winchs graissés, réas et poulies rincés, chandeliers et filières contrôlés.
- Mouillage : chaîne rincée et séchée si possible, guindeau graissé.
6. Hivernage : coque, sécurité, intérieur
- À sec : carénage de sortie (haute pression), photo de la carène, contrôle des anodes, des passe-coques (graissage tous les deux ans, bateau à sec), de l’hélice, de la bague d’arbre et du safran.
- À l’eau : fermer tous les passe-coques sauf l’évacuation de la pompe de cale ; doubler les amarres, ajouter des pare-battages, vérifier la pompe de cale automatique.
- Sécurité : noter les dates du radeau (révision), des feux de détresse (péremption), des extincteurs (contrôle annuel), des gilets gonflables (révision annuelle) — l’hiver est le moment de les envoyer en révision.
- Intérieur : tout ce qui est textile sorti ou dressé, planchers et coffres ouverts, déshumidificateur ou absorbeurs, une aération permanente (manche à air, panneau entrebâillé sous taud). Un bateau fermé hermétiquement sent le moisi en mars.
- Emporter les papiers du bord et les objets de valeur ; laisser à bord une fiche avec votre numéro de téléphone, visible de l’extérieur, pour la capitainerie ou le chantier.
7. Déshivernage : la remise en service
Le printemps n’est pas l’inverse mécanique de l’automne : c’est un contrôle. Tout ce qui a été ouvert ou vidé se referme, et tout ce qui a été noté à l’automne se traite avant la mise à l’eau.
- Moteur : niveau d’huile, turbine de pompe à eau de mer (remontée ou remplacée — chaque année ou 200 heures), courroie (contrôle, remplacement vers 500 heures), anode d’échangeur, filtre à eau de mer refermé, colliers serrés, purge du circuit gasoil.
- Refaire le plein d’eau douce, rincer les réservoirs si un produit a été utilisé, remettre les pompes en service et chasser l’air.
- Batteries : tension au repos, cosses, charge complète avant le premier démarrage.
- Carène : antifouling si c’est l’échéance (voir carénage et antifouling), anodes neuves, passe-coques manœuvrés, sondeur et loch nettoyés.
- Gréement et voiles : voiles regréées, drisses remises, gréement dormant contrôlé à la remise en tension.
- Sécurité : matériel revenu de révision remis à bord, dates vérifiées, armement complet pour la zone de navigation.
- Après la mise à l’eau, avant de quitter le ponton : passe-coques ouverts un par un en surveillant les fuites, presse-étoupe (quelques gouttes par minute pour un modèle à tresse, sec pour un modèle à joint), démarrage moteur et contrôle de l’eau à l’échappement, température après dix minutes, marche avant et arrière, tenue de la barre.
8. Ce qui compte pour la suite : le noter
Un hivernage n’a de valeur que s’il laisse une trace. Les heures moteur au moment de la vidange, la date de l’antigel, la photo de la carène à la sortie d’eau, le ticket des filtres, la facture du chantier : tout cela devient, dans le carnet, une intervention datée avec son niveau de preuve — déclarée, documentée ou confirmée. Le jour de la vente, dix hivernages documentés d’affilée pèsent plus qu’une belle photo. Le guide du coût d’entretien replace ces opérations dans le budget annuel.
À lire aussi
Vous achetez ?
Demandez au vendeur son historique vérifié Hullteam : chaque intervention avec son niveau de preuve, scellée et horodatée par un tiers.
Vérifier une empreinteVous vendez ?
Construisez le dossier qui rassure : déposez vos factures, faites confirmer par vos chantiers, générez le dossier de vente le jour venu.
Ouvrir mon carnet gratuit