Guide Hullteam
Le numéro de coque (HIN / CIN) d’un bateau : le lire, le vérifier, le photographier
Où se trouve le numéro d’identification de coque, comment lire ses 14 caractères (pays, constructeur, série, mois et année de fabrication, année modèle), pourquoi il doit correspondre aux papiers, ce qu’un numéro illisible signifie, et comment le photographier pour le dossier de vente.
Mis à jour le 5 septembre 2026.
Le numéro de coque est au bateau ce que le numéro de série est à une voiture : l’identifiant unique gravé par le constructeur, qui relie le bateau physique à ses papiers. On l’appelle HIN (Hull Identification Number) ou, dans la réglementation européenne, CIN (Craft Identification Number). Le lire, le vérifier et le photographier prend cinq minutes ; c’est l’un des contrôles les plus simples et les plus importants avant d’acheter, et l’une des pièces du dossier de vente.
1. Où le trouver
Sur les bateaux conformes à la réglementation européenne (mis sur le marché depuis 1998), le numéro est marqué de façon permanente — gravé, moulé ou sur une plaque rivetée — à l’arrière, à tribord, sur le tableau arrière ou la partie arrière de la coque, près du haut. Une seconde marque, identique, est placée à un endroit caché à l’intérieur du bateau, précisément pour qu’une falsification de la marque visible puisse être détectée. Sur les bateaux plus anciens, le numéro peut se trouver ailleurs (pied de mât, cockpit, sous une échelle de bain) ou ne pas exister ; le numéro de série du constructeur figure alors sur une plaque ou dans le manuel.
Le certificat de conformité CE et le manuel du propriétaire reprennent le même numéro. La plaque constructeur, elle, est distincte : elle indique le constructeur, la catégorie de conception (A, B, C ou D), la charge maximale et le nombre de personnes, mais pas forcément le numéro de coque.
2. Comment le lire
Le format européen tient en 14 caractères, souvent écrits avec un tiret après les deux premiers. Par exemple FR-ABC12345C707 :
FR— le pays du constructeur (deux lettres).ABC— le code du constructeur (trois caractères), attribué par l’administration de son pays.12345— le numéro de série propre au bateau (cinq caractères, chiffres ou lettres).C— le mois de fabrication, une lettre de A (janvier) à L (décembre) ; ici mars.7— le dernier chiffre de l’année de fabrication ; ici 2007 (ou 2017 : c’est l’année modèle qui lève l’ambiguïté).07— l’année modèle (deux chiffres), ici 2007.
Ce format est fixé par la directive européenne sur les bateaux de plaisance (directive 2013/53/UE, annexe I, point 2.1), qui reprend celui de la directive précédente de 1994. Les bateaux importés des États-Unis portent un HIN à 12 caractères, sans code pays, dont les quatre derniers donnent le mois et l’année de fabrication puis l’année modèle. Deux enseignements pratiques : l’année de fabrication se lit dans le numéro, ce qui permet de la confronter à l’année annoncée par le vendeur (« modèle 2008 » construit en septembre 2007 est normal ; « 2010 » sur un numéro de 2006 ne l’est pas) ; et le numéro de série permet au constructeur de retrouver l’historique du bateau, ses options d’origine et parfois les rappels.
3. Pourquoi le vérifier avant d’acheter
Le numéro de coque doit être identique sur la coque, sur le titre de navigation (le certificat d’enregistrement, ou l’ancienne carte de circulation ou acte de francisation), sur le certificat de conformité CE et sur la facture d’origine. C’est ce qui prouve que le bateau que vous regardez est bien celui dont on vous montre les papiers.
- Un numéro absent, poncé, repeint, recouvert d’un autocollant ou dont un caractère semble retouché est un signal d’alerte majeur : bateau volé, sinistré et reconstruit, ou papiers d’un autre bateau. Ne pas acheter sans explication vérifiable.
- Un numéro qui diffère des papiers d’un caractère peut être une simple erreur de saisie à l’enregistrement — mais elle doit être corrigée par le vendeur avant la vente, sinon la démarche de mutation bloquera.
- Une année de fabrication qui ne colle pas avec l’année annoncée change la valeur du bateau et, éventuellement, la version du modèle.
- Deux marques (visible et cachée) qui ne correspondent pas : même conclusion que pour un numéro retouché.
Le numéro sert aussi à l’administration : c’est l’une des données d’identification du navire dans la démarche d’enregistrement et de mutation de propriété (mer.gouv.fr — acheter, vendre, enregistrer un navire de plaisance). Le guide transfert de propriété détaille ces démarches.
4. Le photographier
Une photo nette du numéro gravé fait partie des pièces d’un dossier de vente sérieux — et c’est celle que l’acheteur compare aux papiers. Pour qu’elle serve :
- Nettoyer la zone ; une lumière rasante (lampe de côté, soleil bas) fait ressortir la gravure bien mieux qu’un flash de face.
- Une photo de près, lisible caractère par caractère, sans reflet.
- Une seconde photo de plus loin, qui montre le numéro en place sur le tableau arrière, avec un repère du bateau (nom, jupe, échelle) : elle prouve que le gros plan vient bien de ce bateau.
- Si vous connaissez l’emplacement de la marque cachée, une photo de celle-ci aussi.
- Photographier de la même façon la plaque constructeur et, pour chaque moteur, la plaque avec son numéro de série.
Dans le carnet Hullteam, la photo du numéro de coque est l’une des pièces de la check-list du dossier : elle compte dans le score de preuve, elle est figée dans le dossier de vente avec son empreinte horodatée, et le numéro saisi sur la fiche du bateau est comparé à celui lu sur le titre de navigation lors de la vérification de propriété. Pour l’acheteur, c’est le premier point de la checklist d’achat ; pour le vendeur, c’est cinq minutes qui évitent une question gênante le jour de la visite.
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